Les majors européennes et américaines face au pétrole

En avril 2020, la demande sur le plan mondial avait baissé de 30 millions de barils. C’est en 2021 qu’elle retrouvera son équilibre. D’après l’Agence Internationale de l’Énergie, 4 à 5 millions de barils seraient recherchés en fin d’année. Cependant, la crise réserve des tensions dans le rang des hydrocarbures classées dans des systèmes dits « en transition ». Ce sont des tensions sur lesquelles les majors pétrolières de l’Atlantique sont en désaccord.

Les géants européens du pétrole dont BP, Shell et Total ont conjointement décidé d’assurer la neutralité carbone pour le milieu du siècle. Ils ont pour objectif le respect de leur engagement, même si les ONG en doutent fortement. Ainsi, ils ont décidé de rééquilibrer leur portefeuille d’activité en priorisant l’électricité renouvelable, les batteries, les hydrocarbures, l’hydrogène, la chimie verte, tout en capturant une portion de leurs émissions de CO2.  

Par ailleurs, les majors pétrolières américaines, notamment ExxonMobil et Chevron attendent le plan de relance du gouvernement pour accélérer la production au sein des domaines pétroliers du Texas ou du Nouveau-Mexique. Cependant, des doutes continuent de planer. Les investisseurs restent dubitatifs sur le sujet, étant donné que le nouveau régime qui règne actuellement aux États-Unis connaît des débuts moins favorables. 

Hydrocarbures : les décisions de Joe Biden

L’ex-président Donald Trump accordait une place majeure au secteur des hydrocarbures, pour faire de l’Amérique « great again ». Ceci, dans le but de hisser la production pétrolière de cette nation à la première place sur le plan mondial. Aussi, il utilisait le gaz en tant que levier de pression sur l’Europe. Mais, l’actuel président Joe Biden se penche sur un angle différent. 

Ses premières décisions ont porté sur l’accord de Paris en rapport avec le climat et sur la cessation du projet d’oléoduc (Keystone XL). Signalons que ce dernier avait pour but d’associer le pétrole canadien aux raffineries du Golfe du Mexique. 

Les perspectives dans les domaines des renouvelables et de l’économie

En dehors des décisions du régime actuel mentionnées ci-dessus, figure également la mobilisation de 2000 milliards d’investissements sur dix ans pour augmenter l’accès aux renouvelables. Cette somme servira également à accompagner les transports publics et à faire la rénovation des millions de logements. L’objectif étant de diminuer les émissions de carbone du système électrique en 2035 et de redynamiser l’économie en 2050, à l’instar de l’Europe ou de la Chine.  

Cependant, le régime du président Biden est limité. Il n’est pas en mesure d’impacter directement l’activité des pétroliers nationaux. Cela pourrait augmenter les importations et donc la dépendance vis-à-vis des autres pays. 

Par ailleurs, il faut souligner que l’industrie pétrolière offre une dizaine de millions d’emplois avec de bonnes rémunérations. Si Joe Biden doit engager des actions, il faut qu’il trouve un moyen pour ne pas nuire à tous ces travailleurs.